La grotte du Grand Roc et l’abri de Laugerie Basse (24) – La victoire de Samothrace


Aujourd’hui, après Lascaux2 et Le Thot, visite de la grotte du Grand Roc, dernier site de la « Semitour », société qui gère les sites appartenant au Conseil général de Dordogne. Je suis accueilli par la gérante, Françoise de Maison Gorse. Le site est double, car jumelé avec l’abri préhistorique de Laugerie Basse, occupé presque en continu depuis plus de 15000 ans. Les abris sous roche ne sont pas à mon programme mais étant sur place, bien sûr je vais y jeter un œil. Un film projeté en salle rappelle que les Eyzies de Tayac constitue la « capitale de la préhistoire », explique comment se forment les abris sous roche et comment par effritement constant de la paroi et effondrements, les différents niveaux archéologiques sont progressivement enfouis et protégés. Les fouilles ici ont livré sagaies, propulseurs, harpons, aiguilles à chas, broyeurs à couleurs et près de cinq cents objets ornés qui racontent la vie quotidienne au Magdalénien. C’est donc un site majeur, où pour les visiteurs de la grotte il serait dommage de ne pas s’arrêter.

C’est justement à Laugerie Basse que l’histoire de la grotte du Grand Roc débute. En 1922, pendant les fouilles de l’abri, Jean Maury, archéologue et préhistorien, est intrigué par des suintements le long de la paroi et se lance dans l’escalade de la falaise. Il découvre l’entrée d’une grotte, qu’il faudra élargir pendant deux années avant d’y pénétrer. Espéraient-ils découvrir une grotte préhistorique? C’est dans une véritable géode que les explorateurs pénètrent. La grotte foisonne de magnifiques excentriques, dont la fameuse « victoire de Samothrace », ainsi que d’exceptionnels triangles creux de calcite. Dès 1927, la grotte est aménagée et visitée, puis elle est électrifiée dans les années 30. Depuis, les aménagements ont peu évolué. Ce qui a laissé le temps à la « crosse de hockey » de se former, draperie d’une dizaine de centimètres, qui s’est développé sur une barre métallique. Cette structure illustre le fait que la croissance des concrétions peut être bien plus rapide que la moyenne généralement présentée aux visiteurs de “un centimètre par siècle”. Dans ses variations de couleurs, cette draperie a enregistré les variations d’occupation des sols en surface, telles que les périodes de déforestation marquées par des litages plus sombres. C’est un très bel exemple de ce que l’étude des concrétions peut nous apprendre à toutes les échelles de temps.

La formation de la grotte elle même n’est pas évidente à lire. La configuration est celle d’un laminoir, avec plusieurs chenaux, mais c’est bien là aussi dans un ancien réseau hydrographique souterrain que la visite s’effectue. Le grillage qui protège les concrétions parasite parfois les vues sur la grotte, mais il permet aussi un cheminement au plus près de structures d’une finesse extrême. Au final, la visite de la grotte du Grand Roc est très agréable. Et si comme moi vous avez la chance d’être guidé par Elizabeth Prins, hollandaise polyglotte, elle devient pétillante. Hartelijk dank, Elizabeth.

L’abri de Laugerie Basse

Abri de Laugerie Basse, Dordogne, france

Abri de Laugerie Basse, Dordogne, france

Abri de Laugerie Basse, Dordogne, france

La grotte du Grand Roc

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

Grotte du Grand Roc, Dordogne, France

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Une réaction à La grotte du Grand Roc et l’abri de Laugerie Basse (24) – La victoire de Samothrace

  1. desgrippes B. a écrit:

    C’est toujours avec plaisir et curuiosité que j’ouvre les mails du Tour de France des grottes de Damien. Comme ici, les images sont splendides et Damien sait voir et mettre les choses en évidence. Ce n’est pas dû à tout le monde. Je sais que c’est plus joli que ce que l’on voit réellement quand on visite un site sur place. Mais c’est bien là le miracle de la photo numérique, des bons boitiers, des très bons objectifs et des isos. Bravo et merci Damien.

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