Les abris du Placard et de la Chaire à Calvin (16) – Contamination aviforme


Départ à 4h30 de Ganties ce matin pour la dernière semaine pleine de ce tour de France loin de H et E. Il restera jusqu’à la mi juin deux semaines dans le Périgord où ils devraient me rejoindre puis les trois dernières dans les Pyrénées. Autant je ne me lasse pas des grottes, autant le rythme infernal de ce printemps commence à me faire espérer la fin de cette recherche. Cette semaine commence dans les Charentes par deux abris sous roche. Je ne sais pas encore si les abris sous roche ne sont pas à la limite de mon sujet souterrain, je verrai au moment de la rédaction. Les deux sites, distants d’une trentaine de kilomètres, sont la propriété et gérés par le Conseil Général de Charente. Nous commençons par le Placard, où je suis accueilli par Madame Rupeyron. Le site, visitable seulement l’été, accueille chaque année quelques centaines de personnes. La visite commence par un centre d’interprétation, qui permet de situer les vestiges préhistoriques à l’époque solutréenne et magdalénienne (20000 BP, 17000 BP) et de se familiariser avec les gravures rupestres, relativement difficiles à lire par rapport aux peintures. Ici sont aussi exposées des reproductions des pièces retrouvées lors des fouilles, qui ont débuté ici en 1864 et se sont poursuivies jusqu’au début des années 2000.

Puis nous montons à la grotte située à quelques dizaines de mètres. Un vaste porche est protégé par une grille imposante. L’intérieur a été creusé sur plusieurs mètres par les fouilles successives et forme maintenant un vaste volume souterrain. La progression s’effectue sur des passerelles qui mènent en contrebas à la paroi gravée. Les gravures sont relativement lisibles par rapport à d’autres sites où elles se superposent. Nous cherchons les motifs les plus évidents, qui sont au nombre de trois : un cheval, un bois de rennes et plusieurs signes aviformes. Signe aviforme, kesako ? Ce sont des motifs « en forme d’oiseau » définis par, un peu d’attention s’il vous plaît, « un axe plus ou moins horizontal et rectiligne, relativement épais, qui se prolonge vers le bas à ses deux extrémités par deux petits appendices qui lui sont plus ou moins perpendiculaires, l’ensemble étant surmonté, en son milieu, par un autre appendice rectangulaire dirigé vers le haut ». A moins d’une rencontre avec un ovni préhistorique, ce signe est plus symbolique que figuratif. Et ce qui est intéressant c’est qu’il se retrouve dans différents sites, dont la grotte de Pech Merle distante tout de même de plus de deux cents kilomètres Que signifiait-il pour ces hommes ? Encore un des fascinants mystères préhistoriques qui restent à éclaircir. Après quelques images, nous partons pour l’abri de la Chaire à Calvin.

Après une bonne demi-heure sur les belles routes des Charente, nous y sommes. L’abri de la chaire à Calvin tient son nom d’une alcôve aménagée dans la falaise et où a prêché le célèbre pasteur au XVIè S. L’abri situé à quelques mètres est aussi protégé par une grille mais ouvert sur l’extérieur. Egalement fouillé dès la fin du XIXè, il abrite un très belle frise sculptée de trois chevaux . Celle-ci a été réalisée avec des pics en silex et est attribuée au Magdalénien, autour de 15-16000 ans BP. Quelques photos plus tard, je peux remercier Madame Rupeyron et redescendre vers le sud, en Dordogne, où je vais passer les deux prochaines nuits.

Avec mots-clefs , , , .Lien pour marque-pages : permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *