Le gouffre de Padirac (46) – Et au fond coule une rivière


And the winner is… the gouffre of Padirac, plus de 400 000 visiteurs chaque année, 120 saisonniers en été, 15 salariés permanents entre Padirac et le siège social à Paris. Pas de doute, le monde des grottes touristiques est très hétérogène et c’est aussi ce qui fait l’intérêt de mon périple. Depuis la grotte familiale où la même personne fait l’accueil, la gestion, l’entretien, le nettoyage et parfois le guidage, jusqu’à Padirac, tantôt commerces, structures publiques, ou délégations de gestion par le privé, l’ensemble des grottes touristiques françaises constitue un bel échantillon du tissu économique national.

Après le ménage de la roulotte, j’arrive à 8h sur place où je suis accueilli par Luis Bernardo, Directeur d’exploitation. Tout est en place, très pro et cordial comme ce sera le cas toute la journée. Café, discussion, documentation, puis il appelle André, chargé de me piloter toute la journée. André (Dédé), le plus âgé des travailleurs du site, connaît tous les postes de travail et la grotte comme sa poche. Rapidement nous descendons en repérage dans le gouffre. Qui est somptueux. Nous empruntons les escaliers en trois sections qui nous amènent à 100 mètres de profondeur. Puis après une très belle galerie nous arrivons à l’embarcadère où Dédé prend une barque. La galerie est volontairement peu éclairée pour rappeler 1889 et l’exploration à la bougie de Martel sur son canot. Et l’effet est très réussi. Cinq cents mètres de canotage sur une très belle rivière souterraine, l’expérience est à la hauteur de la réputation de la grotte. Puis le lac de la pluie, la salle des gours ces barrages naturels qui expliquent le niveau constant et le calme de la rivière en amont, la montée vers le lac supérieur, la salle du grand Dôme, gigantesque galerie de plus de 90 mètres de hauteur, Padirac est réellement spectaculaire. Retour aux bateaux et remontée vers la surface pour y chercher mon matériel. Puis nous redescendons aussitôt. Je fais des photos jusqu’à l’embarcadère. Et il est déjà midi. Nous remontons (par les ascenseurs) – il y a ici des employés préposés aux ascenseurs. J’y rencontre Anne-Marie, qui a un doctorat de géologie, l’agrégation de SVT, et plein de projets. Si vous la reconnaissez, dites lui bonjour de ma part, elle se fera un plaisir de vous présenter tous les fossiles visibles depuis la plate-forme. C’est avec elle que je mange mon sandwich (Dédé est parti manger une canne aux olives, que finalement sa femme gardera pour le lendemain, quand les enfants viendront, pauvre Dédé…). La discussion est super et peut-être travaillerai-je un jour sur un projet avec Anne-Marie.

L’après-midi nous repartons vers le fond, où Dédé fera preuve d’un stoïcisme remarquable pendant mes prises de vues. En effet, en plus des volumes géants, je dois ici composer avec le passage des groupes, que j’essaie de ne pas trop perturber. Enfin nous ressortons, Dédé heureux et le photographe un peu frustré de ne pas avoir fait de photo dans la rivière mais pour cela il faudra que je revienne, un jour, très volontiers, quand vous voulez : avec un peu de temps et en connaissant les lieux il y a ici une belle photo à faire.

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Une réaction à Le gouffre de Padirac (46) – Et au fond coule une rivière

  1. Anne-Marie a écrit:

    Je te remercie, Damien, pour cette délicieuse description de notre cher Gouffre de Padirac (le plus beau d’Europe !!!… comme j’aime à le répéter à nos visiteurs) et de sa partie karstique visitable qui possède un caractère magique incontesté.
    Ce fut également pour moi un grand plaisir de rencontrer un confrère aux idées aussi originales, et ma proposition pour une collaboration rédactionnelle sur l’un de mes projets tient toujours.
    En attendant, je te souhaite un vif succès pour ton livre !
    Bien confraternellement
    Anne-Marie

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