La grotte de la vache (09) – « Ils sont allés peindre Niaux »


Vers 16h, après la visite du parc préhistorique, je me dirige vers la grotte de la Vache voisine. Là, je suis reçu par Sophie, qui a fait des études de préhistoire. Mis à part le thème magdalénien commun, le contraste avec le parc voisin pourrait difficilement être plus grand : la taille de la grotte est modeste et la muséographie un peu vieillissante (ce qui n’implique pas qu’elle ne mérite pas la visite, mais on est loin des écrans tactiles). Elle ne paraît pas au premier coup d’œil, mais cette grotte apporte des informations capitales pour la compréhension de la vie des Magdaléniens. Face à la grotte de Niaux, de l’autre côté de la vallée, orientée au sud et idéalement placée dans un défilé par lequel devaient passer les troupeaux de rennes, au pied des glaciers, elle a constitué un habitat saisonnier et régulier pour des groupes de chasseurs. Il se dit aussi que « ce sont eux qui sont allés peindre Niaux ». Sans de réelle preuve, mais en l’absence d’une hypothèse plus vraisemblable, celle-ci résiste bien au temps.

En tous les cas, depuis les premières fouilles en 1860, la grotte a livré une quantité invraisemblable de vestiges archéologiques, de l’ordre du million, depuis les objets utilitaires (harpons, sagaies, foyers, ateliers de taille), les restes d’animaux consommés, jusqu’aux objets ornementaux, os gravés, sceptre, flûtes, sifflets, parures etc. Les originaux sont en partie visibles au musée de Saint-Germain-en-Laye, mais de très bonnes répliques sont présentées sur le site, accompagnées de panneaux expliquant la vie courante. Car c’est la grande force de la grotte de la Vache : nous raconter le quotidien des Magdaléniens. Et on y est bien loin des chasseurs de mammouths. Ils chassaient les animaux plus accessibles et moins dangereux : lagopèdes, lièvres, poissons, bouquetins, rennes, isards, et renards. Mangeaient-ils des renards ? Rien n’est moins sûr, mais leur fourrure devait être utilisée pour confectionner des vêtements permettant de survivre à l’hiver glacial. Car c’est à cette saison qu’ils venaient ici, l’étude des dents des animaux chassés l’a prouvé. Et d’où venaient-ils ? De loin: la quantité de silex provenant de Bergerac et du Quercy semble indiquer que les hommes qui venaient à la Vache les avaient récoltés eux-mêmes. Et venant de loin, comme en témoignent les ateliers de taille, ils les ont économisés, usés, retaillés, exploités jusqu’à la corde.

Alors incontournable, la grotte de la Vache ? Absolument pour ceux qui recherchent une ambiance préservée, riche de contenu et à l’opposé de l’exploitation industrielle. Merci Sophie pour votre gentillesse, et dites bonjour de ma part à René

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