La grotte de la Draye Blanche puis le sentier du karst de Font d’Urle (26) – « Ah quand même »


Avant dernière journée de ce long tour de deux semaines dans les grottes de Bourgogne, du Jura et du Vercors. Demain la Luire puis retour bien mérité dans les Pyrénées. Très heureux de retrouver H et E pour quelques temps…

Ce matin, je suis reçu par Arnaud Herman, gérant du site. Il est venu il y a 15 ans de Lille pour s’installer ici avec sa femme : le plat pays était trop plat… La grotte n’est pas, heureusement, sa seule activité. L’hiver, il fait des promenades en traîneaux à chiens. Au début, cette activité était un appoint hivernal au tourisme souterrain. Puis avec les années, la fréquentation de la grotte a diminué pendant que le traîneau augmentait et aujourd’hui l’entreprise fonctionne largement sur cette seconde activité. Grâce à l’apparition de traîneaux à roues, il commence même les promenades en été. Autant dire que la grotte représente maintenant seulement un appoint et qu’il ne mise pas sa communication dessus. Il est très sympa et après une discussion sur table nous nous dirigeons vers la Draye Blanche. Le site a été découvert en 1918 sur son terrain de braconnage par un personnage de la région surnommé « Marseille » et dont l’activité favorite était d’aller réveiller les gendarmes à 5h du matin. Il s’est approprié la grotte, qui a ainsi été protégée jusqu’à son aménagement en 1970.

La grotte présente deux grands intérêts : un puits recoupé par le tunnel d’entrée et la grande salle de la grotte. Dans le puits de diamètre métrique et profond d’une vingtaine de mètres, pendant 50000 ans, des centaines d’animaux de toutes sortes sont tombés. La manière dont ce piège très efficace a fonctionné n’est pas bien claire mais le résultat est là : lors des fouilles,15000 os appartenant à 45 espèces d’animaux ont été retrouvés ici. Ils racontent l’évolution de la faune depuis la dernière glaciation jusqu’à notre interglaciaire.

Ce tunnel conduit en haut de la grande et très belle salle dont on fait le tour. Ici, je ne déroge pas à la règle du commun des visiteurs, qui, selon Arnaud, s’exclament en chœur « ah quand même ! ». Nous sommes ici très haut sur le plateau, dans la zone de transfert vertical : l’eau s’infiltre depuis la surface et descend directement vers la rivière souterraine qui, probablement, coule plusieurs dizaines de mètres en dessous. Cette grotte est donc complémentaire des « grottes résurgences » de la région. Un croisement de fractures a fragilisé la roche et favorisé le développement de cette salle. Au plafond, se devine une galerie qui initialement conduisait l’eau. Au contre de la salle, un énorme entonnoir de soutirage (voir explication ici) indique la présence de vides sous-jacents. Le volume est spectaculaire : du plus haut au plus bas, la salle a soixante mètres de hauteur. Des concrétions diverses jalonnent le parcours, dont de très belles stalactites excentriques.

Arnaud me laisse seul dans le gouffre pour les photographies, que j’achève vers 15h. Après un court passage à la Chapelle en Vercors, j’ai le temps de remonter à Font d’Urle station de sport d’hiver dont j’avais pu commencer le sentier karstique lundi dans le brouillard. Aujourd’hui il fait beau, c’est le printemps, la neige fond et les fleurs sortent, c’est magnifique. Pendant deux heures, à loisir je peux photographier et dire au revoir au sud Vercors que je ne connaissais pas. Vous cherchez une destination calme et montagnarde pour les vacances de printemps ? Si vous acceptez de vous couper des réseaux de portable et Internet pour quelques temps, venez ici : c’est calme, sauvage et magnifique.

Et en route vers Font d’Urle

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