La grotte de Thaïs (26) – L’os coché


Suite du parcours dans le Vercors, avec une journée à la grotte préhistorique de Thaïs, et plein de rencontres. J’ai retrouvé ici une vraie ambiance spéléo, avec Laurent Garnier (cf. grotte de Choranche), nouveau directeur du site et William Thumy qui passe son année à emmener des plongeurs sous la glace et dans les grottes. Incroyable, je ne savais pas que cette activité existait en France. Si vous êtes plongeurs et avez envie de découvrir d’autres environnements, n’hésitez pas, il a l’air super. Laurent avait aussi pris rendez-vous avec Serge Caillault, éminent photographe spéléo français et rédacteur en chef de spéléo magazine. Je connais évidemment son travail mais ne l’avais jamais rencontré. Nous discutons un peu et il part avec son matériel. Très sympa, Serge (oui, je sais, tout le monde est sympa ici mais allez-y si vous ne me croyez pas), mais passer quelques minutes derrière Serge Caillault pour aller faire des photos dans la même grotte n’est pas la position la plus confortable du monde. M’enfin je commence à être bien rôdé sur ces journées sous terre et savoir ce que je viens y chercher.

J’ai aussi rencontré Ludivine Van Poucke et Cyril Brun. Ludivine fait du guidage dans la grotte et Cyril était à la billetterie et conçoit des ateliers archéo. La grotte (enfin les entrées supérieures qui ne sont pas accessibles au public) a été habitée à partir de l’époque magdalénienne (-15 000 ans) puis à l’Azilien. Ces deux « civilisations » montrent une adaptation au réchauffement climatique qui voit la végétation de toundra évoluer vers la forêt et à l’évolution de la faune (chevaux, rennes bisons puis chevaux, cerfs, bouquetins, mammouths, perdrix. La grande découverte archéologique du site est l’os coché. Ce fragment de côte, daté de l’Azilien, présente une série d’encoches de différentes tailles et périodiques. Il est interprété comme révélant le relevé de périodes lunaires, ce qui ferait de l’os coché le premier calendrier connu, qui couvre une période de trois années. Ces relevés constitueraient aussi une forme de proto-écriture. Une reproduction de l’os est visible dans la billetterie, ainsi que d’autres gravures sur objets, comme le cheval. L’archéologie est très présente dans la grotte où une reproduction de fouille a été aménagée, une série de panneaux explicatifs, un peu denses et qui seront probablement modifiés dans les prochaines années, un campement et et… une petite gravure de rennes sur la paroi qui sera probablement présentée prochainement au public.

Mais l’archéologie n’est pas le seul atout de Thaïs, qui, depuis qu’elle a été nettoyée au karcher l’hiver dernier, dévoile ses superbes profils creusés en régime noyé : cupules d’érosion du sol au plafond, lames d’érosion, la roche est déchiquetée. On est ici dans un magnifique siphon fossile. Et au fond, si vous avez de la chance, vous aurez peut-être la chance de voir la mise à l’eau ou l’émersion de plongeurs spéléologues qui explorent les galeries noyées de la grotte. Car le public ne visite que la partie émergée de Thaïs: plus des trois quarts sont réservées à ceux qui partent avec des bouteilles – et un peu de courage…

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Une réaction à La grotte de Thaïs (26) – L’os coché

  1. desgrippes bernard a écrit:

    Cette grotte de Thaïs est hyper intéressante : calendrier lunaire, très beaux spécimen de reproductions animales sur os, dessins ou gravures sur roches biens conservés et d’une redoutable précision . Enfin, présence de plongeurs visitant les parties interdites au public non averti. Bref un ensemble remarquable.

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