Les grottes du Quéroy (16) – « … parce que vous savez, les banques… »


Après une super nuit de 11h, ce matin je repars tout frais vers les Charentes et les grottes du Quéroy. Une rapide recherche Internet et un article de la « Charente libre » m’avaient appris que le site est en vente. Madame Aymard est encore plus en avance que moi au rendez-vous pour m’accueillir. Elle a 68 ans, est retraitée de la fonction publique territoriale, et avec sa sœur possède le site qu’avaient acheté leurs parents en 1956. Depuis la disparition de son mari, elle est seule pour maintenir le site d’aplomb: entretien de l’extérieur où, en plus des grandes allées, se trouvent les bâtiments et un mini-golf, gestion du site, recrutement des guides pour l’été, billetterie, guidage hors saison etc… C’est un travail important qui assurément suffirait au bonheur d’une personne plus jeune. Et malgré cet engagement total, ici comme pour d’autres grottes, les infrastructures montrent que les temps sont difficiles. Comment dans ces conditions renouveler, investir, innover, communiquer ? Ce sera la mission de l’acheteur. Mais pour amortir cet achat, celui-ci devra arriver avec un projet de revalorisation et probablement investir de manière importante. « Il faut quelqu’un qui tombe amoureux. Et avec des moyens car vous savez, les banques… ».

Découverte en 1875, etudiée par Martel en 1902, ré-explorée et prolongée par Casteret, sa femme et un spéléologue local en 1936, la grotte est intéressante. C’est d’abord la seule grotte « à concrétions » ouverte au public dans les Charentes. Ensuite, elle se trouve en amont des résurgences de la Touvre et selon Martel, en constituent un ancien réservoir. Honnêtement, cela ressemble à tout sauf à un réservoir mais par contre que ce réseau soit en communication avec une rivière souterraine enfouie plus en profondeur, c’est tout à fait possible. Dans tous les cas, le site permettrait de présenter la circulation de l’eau sous terre. C’est que les enjeux locaux ne sont pas négligeables : les résurgences qui offrent un débit moyen de 15m3/ s ( !) alimentent en eau potable rien moins que l’agglomération d’Angoulême. Pour rajouter au patrimoine intéressant ici : des fouilles archéologiques ont mis en évidence une occupation en surface dès 13000 ans BP et une utilisation néolithique de la grotte.

Nous descendons. La visite est plaisante même s’il ne vaut mieux pas, probablement, être claustrophobe : passages bas, méandres à l’égyptienne s’enchaînent et débouchent sur de jolies petites salles bien ornées. La grotte se présente en deux parties, qui communiquent pour les spéléos mais pas pour le touristes. Il faut donc repasser en surface avant de redescendre dans la « deuxième » grotte. Madame Aymard en profite pour fuir votre serviteur, qui opèrera seul dans la deuxième partie… quand je ressors vers 16h30, Madame Aymard s’est bien réchauffée en travaillant sous le soleil charentais. En la quittant, je ne peux que lui souhaiter bon courage pour la remise en état printanière des extérieurs et bonne chance pour la vente de la grotte et de son parc. Et merci beaucoup pour son accueil.

Grottes du Queroy, Charente, France

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Une réaction à Les grottes du Quéroy (16) – « … parce que vous savez, les banques… »

  1. desgrippes bernard a écrit:

    Très bien! Il est à espérer que le site trouvera un nouveau repreneur pour lui donner un second souffle.

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