La grotte de la Salamandre (30) – Le feu d’artifice

Dernière journée en Ardèche, ou plutôt ici dans le Gard, dans la grotte de la Salamandre. Avec ce matin au départ de Vallon Pont d’Arc, beaucoup de questions. Je connaissais la grotte en spéléo avant son aménagement (elle a ouvert il y a moins d’un an) et je sais qu’elle a beaucoup changé. Les responsables, Daniel Lelièvre et Pierre Bévenguet ont pris le parti de créer une ambiance sonore et lumineuse toute en jeux de couleurs permis par les lampes led. Ce concept est largement critiqué par les tenants des éclairages naturels, pour qui les lumières doivent être le plus discrètes possibles et mettre le site en valeur. A priori d’accord avec eux, non ? Alors, Daniel et Pierre, qu’en dites vous ? « Mais Monsieur, l’éclairage naturel d’une grotte n’est-il pas le noir absolu ? ». Hmmm, pas faux.

Du point de vue géologique, outre un volume gigantesque de la salle, comparable à celui d’Orgnac et les stalagmites en palmiers, un chaos de concrétions effondrées au sol semble témoigner de séismes violents dans le passé. D’autres blocs de roche, perchés en équilibre, indiquent qu’à une époque lointaine la salle a été colonisée par un glacier souterrain, sur lequel les bloc de roche sont tombés. La calcite a cimenté quelques blocs sur des concrétions existantes, puis lors du retrait des glaces ils sont restés en hauteur. Des traces de corrosion des concrétions les plus basses suggèrent également le travail de la glace.

Bon, assez tourné autour du pot, vous attendez tous mon impression impartiale. Alors voilà. Pour une visite scientifique de la grotte, il manque une étape « éclairage blanc » qui permette vraiment d’observer la salle. Mais cet éclairage est prévu pour cette année. Du point de vue des sensations, très vite je me suis laissé prendre par l’ambiance qui est très réussie. La salle est gigantesque et les concrétions à la mesure du volume. Nombre d’entre elles, parfois de la taille d’un autobus, sont effondrées au sol. Les lumières jouent sur les reliefs et les textures des concrétions, et créent une ambiance fantastique. Il est tout à fait légitime de ne pas aimer mais fortement suggéré de venir voir avant de se faire une opinion définitive. C’est clairement une autre expérience souterraine, très sensorielle, et qui dans tous les cas interpelle. Si concept est classique dans les grottes chinoises, peut-être pour le photographe peut-on souhaiter qu’il se généralise moins que celui du feu d’artifice : les changements de lumière, jaunes, rouge, orange, bleu, vert ou rose sont plus que délicats à gérer…

A terme, tout ce système doit fonctionner à l’énergie solaire. Sur les bâtiments en bois construits pour l’aménagement de la grotte, se déploient des mètres carrés de capteurs solaires. Suite à une malfaçon, ils n’ont pas fonctionné l’année dernière et les techniciens sont là pour faire les derniers réglages des nouveaux panneaux. Souhaitons que tout fonctionne, une grotte éclairée à l’énergie solaire, cela aurait de l’allure. Encore un miracle permis par les lampes à led. Ah j’oubliais, pour ceux qui veulent jouer les acrobates, la descente en rappel dans le gouffre de cinquante mètres est proposée. Une manière pour tous de découvrir le gouffre tel qu’il était du temps (lointain) où seuls les spéléologues avaient accès à la Salamandre.

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2 réactions à La grotte de la Salamandre (30) – Le feu d’artifice

  1. desgrippes bernard a écrit:

    L’éclairage avec des leds de couleur de la grotte Salamandre ne me surprend pas. J’ai vu un système d’éclairage identique en Chine, en 2007, dans la grotte de la Flûte de Roseau , non loin de Guilin (Chine de l’Ouest). J’avais trouvé cette mise en valeur réussie, novatrice et de nature à attirer un large public. Maintenant, il est vrai que le véritable éclairage d’une grotte est le noir, mais il est uniquement réservé aux chauves-souris et à quelques spéléologues équipés… Personnellement, je trouve donc cette nouvelle méthode assez judicicieuse.

  2. Daniel Lelièvre a écrit:

    Bravo Damien pour ces photos difficiles à réaliser et qui restituent bien l’ambiance de la Salamandre.
    Lorsque nous aurons terminé notre nouvelle scénographie, plus « soft » et plus élaborée, je t’inviterai pour une nouvelle session. Cette scénographie donnera aussi plus d’importance au son. Des idées à trouver, alors, pour restituer l’ambiance.

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