La grotte de la Cocalière (30) – « Fais ce qu’il faut pour que les photos soient bonnes »

Grotte de la Cocalière, Gard, France Pour boucler cette première semaine en Ardèche, ce matin je pars pour la grotte de la Cocalière (dont l’entrée est située dans le Gard). Les jours se suivent et ne se ressemblent pas : après la confidentielle Forestière d’hier, le site d’aujourd’hui est une institution du tourisme souterrain, avec petit train, parc en surface, grands bureaux et boutique. Je suis accueilli par Christophe Bouquet, fils du co-inventeur et co-aménageur de la grotte, qui aujourd’hui dirige le site avec son frère. A beaucoup de points de vue, la grotte est un modèle de gestion d’un site touristique naturel : collaboration avec des scientifiques pour l’étude de l’impact et les travaux de préservation, protection des terrains à l’extérieur et utilisation de l’eau souterraine de la grotte, intégration au parc naturel des Cévennes, première grotte labellisée qualité tourisme, première grotte ayant signé la charte européenne du tourisme durable, sentier découverte à l’extérieur, lancement d’un nouvelle étude intégrant environnements extérieur et souterrain. Par un travail sur les éclairages et l’atmosphère du site, les mousses qui se sont développées à une période sont éradiquées progressivement et sans produits chimiques. Et cette diminution est suivie par des scientifiques du museum d’histoire naturelle de Paris. Ici en 1991 a aussi eu lieu l’expérience hors du temps de 113 jours de Pascal Barrier. Aucun doute, le site a été et est dirigé par des précurseurs jamais à court d’idées. Avant de me laisser partir dans la grotte, Christophe me met un peu la pression en me parlant de sa passion pour la photographie de ses Leica et Hasselblad, me parle des stages photo qui ont eu lieu ici et me montre des tirages originaux de Lucien Clergue. Pour finir, il me dit qu’il est curieux de voir ce que je pourrai faire. Hmmm…

Grotte de la Cocalière, Gard, France Mon guide pour la journée est Fabien Bouzige, qui travaille ici depuis une dizaine d’années et qui maintenant est permanent. Il connaît parfaitement la grotte, est quasiment le seul qui y réalise toujours de l’exploration car les accès sont très réglementés. Il a fait la formation de guides de l’ANECAT, délivrée par les scientifiques du CNRS. Armé en outre d’une patience à toute épreuve, et je lui en infligerai, il est la personne parfaite avec qui passer la journée. Nous commençons par le tour d’une heure, qui consiste à marcher dans une galerie fossile au sens hydrogéologique (la rivière coule maintenant dans une galerie située trente mètres au dessous) et dimensionnée comme un tunnel de métro. Le site est vraiment magnifique. Si la rivière s’est enfoncée, le concrétionnement est très actif. Outre les classiques stalactites, stalagmites, colonnes, de très beaux gours sont visibles, une incroyable profusion de disques, des sapins d’argile, et une magnifique perle de caverne en formation. Le plus surprenant est le nombre et la diversité des disques. Ces concrétions se forment quand l’eau jaillit de la paroi sous haute pression. Leur abondance ici peut-elle être reliée au régime extrême des pluies cévenoles ? Ici il ne pleut pas souvent mais il peut tomber en quelques dizaines d’heures l’équivalent de 6 mois de pluie normande. Fabien me dit avoir une fois entendu les disques fonctionner, faisant le bruit d’un jet d’eau sous pression. Plus loin, jusqu’alors horizontales, les couches de calcaires passent à la verticale, ce qui coïncide avec le développement d’un gigantesque effondrement (le chaos). Malheureusement je dois aller vite et ne peux étudier plus en avant la relation entre les deux.

Jusqu’à 18h30, je travaille à l’éclairage des différentes scènes sélectionnées, passant souvent derrière les barrières pour aller disposer des éclairages dans la boue. Boue que je ramène ensuite sur le chemin avec mes grosses chaussures. J’en suis désolé pour Fabien qui me demande simplement de les frotter sur les barrières pour limiter les dégats :
« Mais je vais tout te dégueulasser si je fais ça.
Pas grave, je nettoierai, fais ce qu’il faut pour que les photos soient bonnes. »
Puis il pose dès que je lui demande, anticipant même son positionnement en fonction de la localisation des flashs et de l’appareil. Fabien, il faut que je crée une médaille de l’assistant photographe, elle s’appelera la Bouzige ! J’espère en tous les cas que les images te plairont.

Ce soir je repars pour Vallon, où m’attendent H et E pour un WE en famille. C’est presque les vacances…

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2 réactions à La grotte de la Cocalière (30) – « Fais ce qu’il faut pour que les photos soient bonnes »

  1. desgrippes bernard a écrit:

    Superbes photos, certaines surprenantes comme celle avec le « nid de pâte blanche » et son « oeuf » au milieu. Et vive la « Bouzige », même si elle est en chocolat!

  2. COTTET Christian a écrit:

    deuxième fois que je regarde tes photos. C’est super. Mois aussi j’ai particulièrement flashé sur l’œuf dans son nid. C’est OK pour Pâques!

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