l’abime de Bramabiau (30) – Martel en tête

FRT_8191 Ici est née la spéléologie moderne. Le 28 juin 1888, Edouard-Alfred Martel traversait la montagne depuis la perte du Bonheur jusqu’à sa résurgence. Entre autres, cette traversée allait lui permettre de démontrer la vulnérabilité des eaux souterraines dont la filtration en milieu calcaire est souvent nulle. En 1902, il obtenait la promulgation d’un décret qui annonçait les futures lois sur l’eau.

Autant dire que ce matin, c’est avec les écrits de Martel en tête (…) que j’arrive à l’abîme de Bramabiau. Parti des Causses calcaires, la route m’a amené aux granites des Cévennes. Nous sommes à 1100 mètres d’altitude, il fait 2°C et le vent rappelle que l’automne est bien installé sur ce plateau sauvage. Le cadre est somptueux. Pour arriver ici, il faut avoir planifié la visite de l’abîme, être perdu ou parcourir le GR66.



FRT_8182Je suis accueilli par Bruno Passet, qui tout de suite m’emmène voir le panorama: du granite partout et au milieu le calcaire et sa rivière souterraine. Nous nous dirigeons ensuite vers l’entrée. L’accès à la grotte s’effectue par la résurgence, qui constitue le modèle pour les livres. La visite sous terre dure une heure, durant laquelle peut être observée la panoplie complète des structures de creusement de la roche par l’eau: coupoles, marmites, cupules, lames d’érosion, le tout dans le grondement de la rivière qui coule vingt mètres sous les passerelles.


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FRT_8322La sortie s’effectue par un tunnel artificiel qui réserve trois belles surprises: une faille normale, deux contre-empreintes de pattes de dinosaures, et dans la roche, de très belles séquences stratigraphiques de variation du niveau marin depuis des calcaires marins francs à des faciès charbonneux littoraux. ici peut être réalisé un très beau cours de sédimentologie.

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Selon un protocole qui commence à être rodé, je décline l’invitation à déjeuner pour commencer les photographies: une fois que je suis sous terre, je ne m’arrête qu’après avoir fini. Dans l’après-midi, Bruno me rejoint et m’assiste pour les photos, ce qui me permet d’accélérer le rythme et, grand luxe, de sortir de jour. Nous pouvons ainsi aller jeter un oeil à la perte de la rivière du Bonheur, par laquelle Martel a accédé à la grotte. Pour les touristes, cela constitue aussi un bon complément à la visite. Puis je reprends la route pour la maison, en Haute-Garonne. Là m’attendent quelques jours de post-traitement des images et d’organisation des prochaines semaines. Et, j’espère, la mise en ligne du blog.

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Pour marque-pages : permalien.

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